Les circuits d’importation et de réimmatriculation ont représenté près de 23 000 véhicules durant les huit premiers mois de 2026. Leur progression, plus rapide que celle des concessionnaires agréés, transforme le marché tunisien.
Durant les huit premiers mois de 2026, 22 980 véhicules ont été enregistrés en Tunisie par l’intermédiaire des circuits dits parallèles. Ce volume progresse de 18,31 % par rapport à la même période de 2025 et représente près de 33 % de l’ensemble du marché automobile national. tuniscope.com
L’expression « circuit parallèle » ne désigne pas nécessairement une activité illégale. Elle regroupe ici les véhicules introduits en dehors du réseau classique des concessionnaires agréés, notamment certaines importations réalisées dans le cadre du régime FCR et les véhicules donnant lieu à une réimmatriculation en Tunisie.
Un marché de près de 70 000 véhicules
Entre janvier et août 2026, le marché tunisien a totalisé 69 982 véhicules, contre 61 505 sur la même période de 2025. La progression globale atteint ainsi 13,78 %.
Les concessionnaires agréés ont commercialisé 47 002 véhicules, ce qui correspond à environ 67 % du total. Leurs ventes ont progressé de 11,69 %, tandis que le circuit parallèle a augmenté de 18,31 %.
La croissance des importations et réimmatriculations est donc sensiblement plus rapide que celle du marché officiel.
Pourquoi ces véhicules attirent-ils les acheteurs ?
Plusieurs raisons peuvent expliquer l’intérêt des automobilistes pour un véhicule importé : disponibilité d’une version absente du catalogue tunisien, niveau d’équipement supérieur, motorisation particulière ou différence de prix.
Cependant, les statistiques d’immatriculation ne permettent pas d’identifier précisément le pays d’origine, l’âge, le régime douanier ou la configuration de chaque véhicule. Il serait donc incorrect d’attribuer toute cette progression au seul régime FCR.
Les vérifications à réaliser avant l’achat
L’origine d’un véhicule doit devenir un critère aussi important que son année ou son kilométrage. Avant l’achat d’une voiture importée, il est conseillé de contrôler :
- la régularité des documents douaniers et de l’immatriculation ;
- le numéro de châssis et l’historique du véhicule ;
- la conformité de la motorisation et des équipements ;
- la disponibilité des pièces détachées ;
- les conditions de garantie en Tunisie ;
- les campagnes de rappel éventuellement ouvertes ;
- la présence d’un historique d’entretien vérifiable.
Deux voitures apparemment identiques peuvent avoir des équipements, une cartographie moteur ou des composants électroniques différents selon leur marché d’origine.
Un enjeu pour l’estimation des voitures d’occasion
Avec près d’un véhicule sur trois provenant d’un circuit extérieur au réseau officiel, l’origine doit également être prise en compte dans l’évaluation du prix d’occasion.
Une voiture achetée neuve auprès d’un concessionnaire tunisien, avec garantie et historique local, ne présente pas nécessairement la même valeur qu’un modèle importé dont la configuration et le parcours sont plus difficiles à vérifier.
Pour les plateformes automobiles, l’ajout d’un champ « origine du véhicule » — concessionnaire tunisien, FCR, importation ou autre — permettrait d’améliorer la transparence des annonces et la précision des estimations.