Kromberg & Schubert a inauguré le 1er octobre 2026 son nouveau site industriel Béja 2. Les montants annoncés et la montée en effectifs prévue placent le projet parmi les développements les plus structurants de l’industrie automobile tunisienne, à condition que croissance et compétences progressent ensemble.
Le nouveau site Béja 2 de Kromberg & Schubert est désormais opérationnel. Selon le communiqué publié par la Tunisian Automotive Association, le projet doit passer de 2 500 collaborateurs en 2026 à 7 500 en 2029. À cette échéance, les deux sites du groupe à Béja devraient réunir 14 700 emplois.
L’investissement annoncé se décompose en 130 millions de dinars d’équipements à fin 2026 et 140 millions de dinars pour les bâtiments. Les équipements devraient représenter 300 millions de dinars en 2028. Ces chiffres dessinent une montée en puissance progressive, et non une capacité maximale atteinte dès l’ouverture.
Béja devient un territoire automobile à part entière
L’industrie des composants ne se concentre plus uniquement autour du Grand Tunis, du Sahel ou de quelques zones historiques. Un projet de cette taille renforce le rôle de Béja dans la carte industrielle nationale et crée des besoins autour de l’usine : transport du personnel, maintenance, logistique, restauration, formation et services techniques.
L’effet régional ne doit toutefois pas être mesuré uniquement par le nombre d’embauches. La stabilité des emplois, la qualification des postes, la part des achats locaux et la progression des fournisseurs tunisiens seront des indicateurs plus complets.
Le véritable enjeu : monter en compétences
Kromberg & Schubert est spécialisé dans les systèmes électriques et les faisceaux automobiles, un domaine où la précision, la traçabilité et la maîtrise des processus sont essentielles. L’augmentation rapide des effectifs suppose donc un dispositif de formation capable d’accompagner la cadence sans dégrader la qualité.
Pour les écoles techniques et les centres de formation de la région, le projet peut devenir un point d’ancrage. Les besoins ne concernent pas seulement la production : qualité, maintenance, automatisation, informatique industrielle, logistique et management de ligne doivent aussi évoluer.
Les indicateurs à suivre jusqu’en 2029
Les objectifs annoncés sont ambitieux. Leur concrétisation pourra être suivie à travers quatre données simples : effectifs réellement atteints, montant des équipements installés, capacité de production mise en service et nombre de fournisseurs locaux intégrés.
Le site Béja 2 constitue déjà une réalisation industrielle tangible. La prochaine étape sera de transformer les investissements matériels en compétences durables et en valeur ajoutée locale. C’est à cette condition que le projet renforcera non seulement un groupe, mais l’ensemble de l’écosystème automobile tunisien.