Le marché tunisien du deux-roues urbain ne se résume plus au scooter thermique. Plusieurs acteurs proposent désormais des modèles électriques à des niveaux de prix de plus en plus proches des scooters conventionnels. Pour l’acheteur, la comparaison doit cependant aller bien au-delà du prix d’achat.
Pendant longtemps, choisir un scooter en Tunisie revenait essentiellement à comparer cylindrée, consommation, prix et disponibilité des pièces. En 2026, un nouveau critère s’installe progressivement dans l’équation : le type d’énergie.
L’offre électrique n’est plus limitée à quelques produits expérimentaux. Des entreprises tunisiennes et des distributeurs spécialisés construisent désormais des gammes autour de cette technologie.
Promotos distribue par exemple officiellement Nmoto/Lvneng en Tunisie depuis 2022 et continue d’élargir son positionnement sur la mobilité électrique. ZIMOTA présente également des scooters électriques dans son catalogue actuel, tandis que KAYCO développe localement ses propres modèles.
Cela ne signifie pas encore que l’électrique est en train de remplacer le thermique. Cela signifie surtout que l’acheteur tunisien commence à disposer d’un véritable choix.
Des scooters électriques autour de 6 000 DT
Le prix constitue évidemment le premier élément de comparaison.
Promotos affiche actuellement le Nmoto/Lvneng LX08 à 6 290 DT. Le modèle utilise un moteur électrique Bosch de 2 030 W et une batterie lithium-ion portable de 60 V et 23,4 Ah.
Le distributeur annonce une vitesse maximale de 60 km/h, environ 50 km d’autonomie et quatre heures pour une recharge complète.
KAYCO se situe dans une zone tarifaire comparable avec ses modèles électriques, tandis que ZIMOTA propose également une offre électrique destinée aux déplacements urbains.
On arrive donc progressivement à une situation intéressante : certains scooters électriques ne sont plus positionnés comme des produits technologiques particulièrement coûteux, mais comme des alternatives directement comparables à des scooters urbains thermiques.
Le thermique conserve plusieurs avantages
Il serait néanmoins prématuré de conclure que l’électrique constitue systématiquement le meilleur choix.
Un scooter thermique conserve un avantage considérable : quelques minutes suffisent pour faire le plein et repartir.
Il bénéficie également d’un écosystème mécanique très développé en Tunisie. Les réparateurs connaissent ces motorisations et les pièces courantes sont généralement faciles à trouver.
Pour quelqu’un effectuant de longues distances ou ne disposant d’aucune possibilité simple de recharge, cette flexibilité reste importante.
Les scooters thermiques de 125 cm³ conservent également une meilleure polyvalence lorsqu’il faut régulièrement emprunter des axes rapides ou effectuer des trajets périurbains relativement longs.
L’électrique prend l’avantage sur les petits trajets répétitifs
La logique change pour un utilisateur parcourant chaque jour 15, 20 ou 30 kilomètres en ville.
Dans ce scénario, une autonomie limitée devient beaucoup moins problématique.
Le véhicule peut être rechargé pendant la nuit puis repartir chaque matin avec sa batterie disponible. Une batterie amovible peut également permettre à certains utilisateurs de recharger dans un appartement ou un bureau plutôt que directement sur le lieu de stationnement.
L’électrique supprime aussi plusieurs opérations associées au moteur thermique : vidange moteur, bougie, filtre à huile ou entretien du système d’échappement.
Il reste évidemment des pneumatiques, des freins, des suspensions et différents composants électroniques à entretenir.
La batterie devient l’équivalent du moteur
C’est probablement le point que les acheteurs doivent apprendre à examiner.
Sur un scooter thermique d’occasion, on cherche naturellement à connaître l’état du moteur. Sur un scooter électrique, une grande partie de la valeur se déplace vers la batterie.
Avant d’acheter, il faut donc demander quatre informations précises : la technologie de batterie, sa capacité, sa garantie et surtout son prix de remplacement.
Une autonomie annoncée de 100 ou 120 km lorsque le véhicule est neuf ne signifie pas nécessairement que cette autonomie sera identique plusieurs années plus tard.
La disponibilité future d’une batterie compatible devient ainsi un véritable critère de valeur résiduelle.
Le service après-vente peut départager les marques
Dans un marché encore jeune, la fiche technique ne suffit pas.
Un scooter électrique peut afficher un prix attractif et une bonne autonomie mais devenir contraignant si une batterie, un contrôleur ou un chargeur nécessite plusieurs semaines pour être remplacé.
L’acheteur devrait donc poser une question simple au vendeur : « Si ma batterie ou mon contrôleur tombe en panne demain, avez-vous la pièce en Tunisie et combien coûte-t-elle ? »
La qualité de la réponse peut être plus importante que quelques kilomètres d’autonomie supplémentaires annoncés sur une brochure.
Une nouvelle bataille se prépare sur le marché tunisien
Le développement simultané de plusieurs offres indique surtout que le scooter électrique commence à devenir une catégorie identifiable du marché tunisien.
Le thermique devrait rester dominant à court terme grâce à son réseau, sa simplicité d’usage et l’habitude des consommateurs. Mais l’électrique dispose d’un terrain particulièrement favorable : déplacements urbains courts, livraison, trajets domicile-travail et utilisateurs disposant d’une recharge quotidienne.
La prochaine étape sera donc moins de savoir si les scooters électriques existent en Tunisie que de mesurer leur comportement réel : kilométrage annuel, coût d’électricité, vieillissement des batteries, valeur de revente et dépenses d’entretien.
Ce sont ces données qui permettront de déterminer si l’électrique est seulement une nouvelle offre ou s’il commence réellement à transformer le marché tunisien du deux-roues.