L’inattention provoque le plus grand nombre d’accidents, tandis que la vitesse arrive largement en tête des causes de décès. Les données tunisiennes arrêtées au 27 septembre 2026 montrent que la prévention doit se concentrer sur des comportements simples, mais déterminants.
L’inattention multiplie les accidents
Dans les statistiques de l’Observatoire national de la sécurité routière, l’inattention et le manque de vigilance sont associés à 1 078 accidents depuis le début de l’année. La vitesse arrive en deuxième position avec 768 accidents, devant le non-respect de la priorité, la traversée de la chaussée et les changements de direction.
Ces chiffres rappellent qu’un accident n’est pas toujours précédé d’une manœuvre spectaculaire. Regarder une notification, chercher un objet dans l’habitacle, manipuler l’écran central ou détourner les yeux pour parler à un passager peut suffire à supprimer plusieurs secondes d’observation.
À 90 km/h, une voiture parcourt 25 mètres par seconde. Une distraction de seulement trois secondes représente donc 75 mètres parcourus avec une attention réduite. Les aides électroniques peuvent avertir le conducteur, mais elles ne remplacent ni son regard ni son anticipation.
La vitesse reste la cause la plus meurtrière
Le classement change lorsque l’on examine les décès. Avec 374 morts attribués à la vitesse, celle-ci se détache comme la première cause de mortalité routière recensée sur la période. L’inattention arrive ensuite avec 183 décès.
La vitesse augmente simultanément la distance nécessaire pour s’arrêter, la difficulté d’éviter un obstacle et la violence du choc. Elle réduit également le temps disponible pour comprendre une situation imprévue : véhicule immobilisé, piéton, changement de voie ou ralentissement à la sortie d’un virage.
Respecter la limitation affichée ne dispense pas d’adapter davantage son allure. Une circulation dense, une chaussée humide, une visibilité réduite ou un véhicule lourdement chargé peuvent justifier de rouler moins vite que la limite autorisée.
Trois habitudes à installer avant chaque trajet
La première consiste à préparer la navigation, la musique et les appels avant de démarrer. Le téléphone doit rester hors de la main du conducteur, y compris dans un embouteillage ou à un feu rouge.
La deuxième est de conserver une marge avec le véhicule précédent. Cette distance doit augmenter la nuit, sous la pluie ou derrière un poids lourd qui masque la circulation en amont.
Enfin, il faut traiter la fatigue comme un véritable risque routier. Une pause régulière, un changement de conducteur lorsque cela est possible et le report d’un trajet en cas de somnolence sont plus efficaces que l’ouverture d’une fenêtre ou l’augmentation du volume de la radio.
Les données 2026 ne décrivent donc pas seulement les accidents déjà survenus. Elles indiquent aussi où se situe la marge de progrès la plus immédiate : rester attentif, ralentir avant que la situation ne l’impose et préserver constamment une solution de repli.